Lee Ufan

date01 sept. - 31 janv.

à propos de l’événement

Lee Ufan(n. 1936) est un artiste sud-coréen dont la pratique a redéfini la matière, l’espace et la perception de l’art d’après-guerre. Figure centrale et principal théoricien du mouvement d’avant-garde japonais *Mono-ha* (« École des choses ») de la fin des années 1960 et du début des années 1970, Lee a contribué à éloigner l’art de la représentation pour le rapprocher de rencontres directes avec les matériaux et leurs relations spatiales. Les artistes de *Mono-ha* mettaient en avant des matériaux bruts et inchangés — pierres, bois, métal, verre — disposés en simples juxtapositions afin de révéler leurs qualités inhérentes et d’activer l’espace environnant.

Parallèlement, Lee est resté lié au *Dansaekhwa*, le mouvement coréen de peinture monochrome des années 1970. Dans sa pratique picturale, Lee utilise des touches minimales, souvent uniques, sur de vastes surfaces méticuleusement préparées afin d’explorer le souffle, le temps, le vide et la présence. Ces gestes créent un dialogue serein entre la marque et la perception du vide, invitant à une contemplation mesurée et silencieuse.

Le concept de *Relatum* — terme qu’il a adopté au début des années 1970 pour mettre l’accent sur le dialogue entre les éléments, plutôt que sur l’objet autonome — est central dans l’œuvre sculpturale de Lee. Dans les œuvres *Relatum*, de grandes pierres naturelles, que Lee comprend comme du temps condensé, sont associées à des matériaux industriels tels que des plaques d’acier ou du verre. Par ces combinaisons, le spectateur prend conscience de l’espace, de la gravité et de la tension qui existent entre la matière, la nature, les objets artificiels et l’espace.

L’idée de *dialogue* véhiculée par Lee est présente à la fois dans sa peinture et dans sa sculpture : touche et sol, pierre et acier, objet et spectateur ne sont jamais isolés ; ils s’engagent dans un dialogue mutuel qui met en valeur l’espace qui les sépare. Ces pratiques concrétisent son intérêt de longue date pour la relation intérieur/extérieur — la manière dont les formes communiquent avec l’environnement, dont la présence est profondément liée à l’absence, et dont le sens émerge par la rencontre, l’échange et le dialogue.

Dans le contexte de sa première grande exposition au Portugal, à Casa e Parque de Serralves, les expérimentations esthétiques de Lee prennent une importance particulière. Ici, les dialogues que l’artiste entretient depuis six décennies de pratique se déploient entre l’architecture construite et le paysage. La présentation comprend trois sculptures en plein air, installées dans le parc et encadrant des rencontres directes entre la pierre, l’acier et l’environnement ; six peintures, dont une œuvre *site-specific*, dont la charge méditative contraste avec la structure architecturale ; et trois sculptures installées à l’intérieur de la maison, chacune configurée pour révéler la tension entre les matériaux et leurs contextes.

En situant l’œuvre de Lee Ufan dans les intérieurs ordonnés de la maison et dans les étendues naturelles du parc, l’exposition met en scène la recherche rigoureuse de l’artiste sur l’interaction entre intérieur/extérieur, objet et paysage, ainsi que la rencontre perspicace que Lee a longuement articulée — affirmant l’art comme un dialogue continu et actif avec le monde.

Lee Ufan

cela peut aussi vous intéresser

vadi.agem · l’agenda locale des événements près de vous